Livre & tentacules – « Le prince des profondeurs. »

« Ô poulpe, au regard de soie ! » - Comte de Lautréamont

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C’est un peu fou un poulpe. C’est un peu fou car tellement éloigné de nous. Par son milieu

(terre vs mer), par sa construction (système nerveux centralisé vs dispersé), par son

rapport à l’autre (curiosité vs appréhension). Non, les poulpes sont définitivement de

drôles d’animaux. Et c’est d’ailleurs tout le sujet du livre de Peter Godfrey-Smith – Le

prince des profondeurs – qui nous éclaire un peu plus sur cette famille des mollusques

que l’on connait si mal. Disons le franchement, lors de la lecture de cette ouvrage, il m’est

arrivé d’en consommer. Et sans vision anthropomorphique, je n’ai pu m’empêcher au

moment de lever le couteau à cette petite créature que j’avais en cocotte. C’est que manger

du caillou aurait été plus simple, un cailloux – jusqu’à preuve du contraire – ne « ressent »

pas. Les octopodes si. Attention, je ne tends pas une perche au défenseur de la cause

animale, la capacité de « ressentir »étant bien plus complexe que ça dans le monde animal.

L’ouvrage détaille ce que peut signifier que la perception de l’environnement extérieur.

Il faut dire que pour un animal « mou » (à l’exception du bec) et au système nerveux

décentralisé, user d’analogie avec le corps humain n’a que peu de pertinence : nous ne

goûtons pas avec notre peau, nos extrémités n’ont pas de capacités visuelles et notre

épiderme est horriblement triste, ne connaissant que peu de variations chromatiques à

contrario des poulpes et autres seiches. Une longue histoire évolutive commencée bien

avant la notre qui les a conduit à se développer de manière bien spécifique, leur

permettant de siéger à une place bien spécifique dans l’arbre d’évolution.

Ils sont définitivement des princes. Pas du genre de Disney. Mais plutôt du règne animal.

Le prince des profondeurs – Peter Godfrey-Smith

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