Perso – « .. in corpore sano. At least. »

«  These death-tubes, these little crutches or fuses.. »

Smoke

À la base, un blog c’est personnel. La notion s’est peut être perdu au fil du temps mais l’idée initiale c’était ca. Je me serais pas souvent exprimé en utilisant du « je », ce n’est pas trop dans ma nature. Mais c’est arrivé. Et je recommence. Cette année je vais avoir 33 ans. Je fume depuis que j’ai 17 ans. Presque la moitié de ma vie passée sous combustion de tabac et volutes blanches. Belle perf. Ou pas. Un proche n’a de cesse de me rappeler que je vais atteindre cette année l’âge ou le Christ est mort. Cool. Je peux continuer à petit feu, brulant capital santé et financier. Ou appuyer sur un bouton reset. Soyons franc, j’ai un petit avantage : un gros poids qui va peser sur ma main – et ma conscience – histoire de bien l’enfoncer – le bouton. En vous épargnant les détails, disons que j’avais fait étant plus jeune une promesse a quelqu’un qui m’est cher et que je ne l’ai pas tenu, à sa différence à lui. Cette personne n’est plus, ses cendres sont parties, elles me restent néanmoins dans la bouche. Alors autant nettoyer ce gout de cendrier, de culpabilité et cette odeur de tabac froid qui me suit depuis un moment. Ca c’est le claim, passons à trois points, ça aide à faire du chemin. Société : alors la plus forte raison, je l’ai déjà exprimé. Elle ne vient que guider la noria de « petites » raisons sociales qui font que le tabac est de moins en moins fréquentable. Passons déjà par la dernière relation que j’ai eu, elle était non-fumeuse, devoir s’empêcher d’allumer une clope avant de la voir était à la fois pas si mal – on trouve de la motivation ou l’on veut – mais un poil ridicule. Je n’ai plus l’impression que l’époque est aimable avec la cigarette. Toujours un peu hypocrite – ça tue mais c’est légal – mais ca change. Quand j’ai commencé, on fumait encore dans les trains, à la télé et dans les restaurants (haha, quelle connerie en y repensant). Mais si j’ai eu beaucoup d’amitié pour les buralistes, ils ne sont plus désormais contraint qu’a répercuter les hausses voulu par une époque aseptisante. Rajoutons à ça l’envolée de la cigarette électronique – une belle merde si vous voulez mon avis – et vous verrez qu’il est de plus en plus dur de trouver un fumeur fier de l’acte. Le regard de la société m’importe somme toute assez peu, devoir m’en farcir ses contraintes au quotidien est quelque chose qui n’en vaut plus la peine. Santé : mouais. Alors on va dire que je suis encore jeune malgré les cheveux blancs qui poussant le long de mes temps me rappellent que c’est une légère illusion. Si je le dis c’est qu’on est convaincu jusqu’a un certain point d’être invincible. Si le temps pour récupérer d’une cuite n’avait pas doublé ces dernières années, j’en serais peut-être encore la. Mais toute bien huilée qu’elle soit, ma machine a commencé ses rappels à l’ordre. Quand je me revois minot distribuer des autocollants « pataclope » pour en finir à avaler des paquets de fumées, c’est à se demander comment l’ironie finie par être si forte. Vous l’aurez compris, ce n’est peut-être pas ma raison première. Je n’ai même pas la certitude de l’impact que ça aura – le retour du gout est déjà la – mais pour paraphraser la FDJ « 100% des gagnants ont joué ». Et pour le détail, la dépendance physique n’existe pas, je ne me suis jamais réveillé la nuit, en manque de nicotine. Pour boire, pisser, parce que je faisais un cauchemard, oui. Donc mon corps n’en a pas besoin. Point. Financier : haha. La douille. Quand j’ai commencé, le paquet était à 3,8 €. Il est désormais au double. Un paquet par jour, ça fait 240€ / mois. Ca fait 3000€ par année. Chacun ayant ses propres référentiels sur l’argent, je vais éviter de développer le numéraire. Disons juste que c’est deux fois ce que m’aura couté – tout inclus – mon voyage au Japon. Alors si je reprends le problème, est ce que je préfère me noircir les muqueuses ou repartir m’éblouir les yeux, la réponse est vite trouvée. Comme d’habitude, mon discours était bien ordonnée (sic) mais l’idée est la. Ca va faire 3 semaines que la décision a été prise, presque réussie jusqu’a présent. C’est pas facile au quotidien, la vie ayant cette petite tendance à envoyer des pics pour te tenter de retomber. À ce titre, c’est à se demander si l’administration et les problématiques des travailleurs indépendants ne sont pas sponsorisées par l’industrie du tabac. Mais bon, si certaines personnes arrivent à s’en passer pendant 91 ans en prenant bien plus cher dans la tronche au cours de leur vie, je n’ai vraiment pas d’excuses pour craquer dans mon cocon douillet du nouveau millénaire. Il est peu probable que je re-développe cette thématique prochainement, mais si ça peut déclencher un petit truc chez un lecteur fumeur, ça aura été la meilleure chose que j’aurais fait avec ce blog. Bonne soirée, bonne nuit, on va se dire que pour moi le tabac est fini.

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